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Portrait Fermes David et Richard Blais

Patates à poutines
Saint-Laurent-de-l'Île-d'Orléans
Depuis début 1980

« Je veux faire ça toute ma vie »

Claude-Olivier Blais

Il y a quelques années, les gens de la région de Québec pouvaient voir à la télévision une publicité des restaurants Chez Ashton montrant les champs d’où proviennent les pommes de terre utilisées pour faire leurs frites. Au milieu du paysage se tenaient deux hommes : ce sont David Blais et son fils Jonathan, fournisseurs depuis le début des années 1980 des restaurants Chez Ashton, comptant aujourd’hui 25 succursales, et désormais des symboles de la région.

Nés à l’île d’Orléans, près de Québec, dans une famille de 11 enfants, David et Richard ont toujours travaillé à la ferme familiale. Leur père, Jean-Baptiste, est arrivé à l’île d’Orléans dans les années 1950 et s’est lancé dans la production de pommes de terre. Quinze ans plus tard, il a acquis une ferme située dans la municipalité de Saint-Laurent, que ses deux fils ont achetée une vingtaine d’années après, pour former Les Fermes David et Richard Blais.

Dans la cuisine de la maison familiale, David Blais se souvient des débuts du partenariat qui allait changer l’entreprise. « Nous vendions des patates au frère d’Ashton Leblond qui avait les Comptoirs chez Raymond. C’est là que M. Leblond a vu qu’on avait un bon produit, avec une qualité constante tout au long de l’année, ce dont il avait besoin pour approvisionner ses restaurants. »

Ensuite, la ferme a progressé au même rythme que l’expansion des restaurants Chez Ashton. Aujourd’hui, on y cultive 325 acres de pommes de terre destinées à la frite, dont 80 % de la production est vendue dans les restaurants de la région et en majorité chez Asthon, reconnu pour sa poutine.

« Depuis quelques années, les marchés sont de plus en plus difficiles et mettent de fortes pressions à la baisse sur les prix. Nous faisons face à des coûts de production de plus en plus élevés, mais à un prix de vente qui n’a pas changé depuis plusieurs années. On peut s’estimer chanceux d’avoir parmi nos clients, une chaîne québécoise de restaurants. Une entreprise bâtie sur des valeurs solides comme la fidélité, le respect et le désir de toujours acheter local pour améliorer la fraîcheur et la qualité. Si l’ensemble des restaurants avait cette optique, l’économie locale se porterait beaucoup mieux », explique David Blais.

À son tour, après avoir pris la relève de son père, l’homme se réjouit que la suite soit assurée pour lui aussi. Ses deux fils, Jonathan, 29 ans, et Claude-Olivier, 26 ans, travaillent avec lui et comptent y rester. « Je veux faire ça toute ma vie », assure Claude-Olivier, maintenant agronome. « J’ai envie qu’on continue à toujours s’améliorer pour réussir à se différencier des autres. Mais c’est vrai que si j’avais été tout seul, je n’aurais pas repris. Mon frère est là et il est bon pour planifier l’ouvrage, il a un côté leader. On se complète bien. »

Si David Blais se considère parmi les choyés de l’industrie, il ne peut passer sous silence l’énorme tâche que représente son métier. Il met d’ailleurs sur le dos de la fatigue l’accident qui le cloue à un fauteuil roulant depuis juillet 2012. « En période de pointe, il n’est pas rare que l’on travaille 100 heures par semaine. J’étais trop fatigué et un accident est si vite arrivé… »

Bien qu’il ne puisse plus faire ce qu’il voudrait, David Blais garde un très bon moral et reste toujours aussi passionné par la production. L’homme sait qu’il est chanceux d’avoir avec lui son frère, sa belle-soeur, ses fils et sa femme. Grâce à eux, l’entreprise a perduré malgré les récentes embûches.